Les maisons closes

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  • Références
  • Au 32 de la rue de Blondel, dans le II ème arrondissement, les locaux d’un marchand de vêtements en gros viennent d’être classés monument historique. A l’extérieur, le carrelage en céramique rouge sang tranche sur la sobriété des façades voisines. A l’intérieur, masqués par des tuyaux, de belles plaques en faïence annoncent clairement la couleur: « Aux Belles Poules« . Classé aussi, l’immeuble du 6 rue des Moulins, dans le 1er arrondissement, doté d’un immense escalier en bois pastel et d’angelots féminins sculptés au-dessus des portes. On s’intéresse enfin en haut lieu, au patrimoine érotique national. On classe donc des anciennes maisons closes.
    Il était temps, car il faut bien avouer que les vestiges architecturaux de ces établissements ont pratiquement tous disparus corps et biens, et permet a la société de mettre dans l’oubli cette partie gênante de l’histoire, mais cache néanmoins un pan entier des moeurs et de la culture Française et occidentale du XIX eme et première moitié du XXeme siècle.

    Maisons closes

    Maisons closes

    Longtemps avant la tristesse du Minitel rose et d’Internet, on s’y rencontrait. Drieu la Rochelle y amena son ami Aragon pour le déniaiser, non sans mal, semble-t-il. Il faut bien comprendre que la fréquentation des maisons closes faisait parti d’un rite social: il était courant de voir un papa emmener son fiston pour la première fois visiter les dames. La maquerelle comprenant la situation, désignait une jeune femme douce, qui saura prendre en main le jeune homme afin de le « guider », pendant que papa attends au rez-de-chaussée en buvant un verre.

    Les affaires de ces commerces étaient florissantes. Paris à la Libération, ne comptait pas moins de 195 Maisons Closes.
    Il faut bien dire qu’aux grandes heures des Maisons Closes, c’est à dire la période des années 1870 à 1946, le marché est important et que ces lieux de plaisirs proposent une palette de services correspondant à tous les goûts, de l’établissement raffiné « haut de gamme », ciblant les riches touristes et la bourgeoisie, aux tôles les plus crasseuses.
    On peut y trouver les établissements spécialisés dans les relations SM, les « Tôles à passion », ou encore les « Clandés » ou « Maisons de 7 heure » ou le jeu consistais à mettre en scène des femmes censées « mariées » qui s’encanaillent de 5 à 7.

    Maisons closes

    Maisons closes

    A l’Époque, les clients payent avec des jetons qu’on leur vend à l’entrée de l’établissement.
    Les femmes de ces maisons de plaisir pour les hommes, mais souvent des maisons d’esclavage de ses femmes parfois entrées contre leur gré et avec un très maigre salaire, n’ont pas droit aux pourboires, sauf exception, avec les clients « habitués ».
    Toutes les maisons de tolérance de Paris et de province possédaient une insigne distinctive et qui date de la période romaine: une lanterne rouge, ce qui permettait de connaître l’activité des lieux sans mettre une enseigne écrite plus explicite. Ces Maisons que l’on appelait aussi plus communément « Bordel » vient du Moyen-Age et de Saint Louis et des maisons du bord de l’eau à Paris.
    Un décret réglementa sous Saint Louis l’activité des filles publiques et les renvoya hors de l’enceinte de Philippe Auguste. Les dames
    s’installèrent dans des baraques au bord de la Seine en dehors de la ville. Ces « bordiaux » étaient des lieux de plaisir ou l’on mangeait, buvait et s’adonnait aux plaisirs de la chair.

    Mais le 13 avril 1946, Marthe Richard, ayant elle même exercé le plus vieux métier du monde, obtenait la fermeture de toutes les « maisons de tolérance ». Et d’un coup, 1150 filles, dites « de joie », mises sur le trottoir. Tout un pan de la civilisation occidentale s’écroulait. Par la suite, les spéculateurs et les promoteurs ont eu raison de la majorité des anciennes maisons closes. Du célèbre et luxueux Sphinx, à Montparnasse, un décor égyptien haut en couleur accueillait le client, il n’y a plus rien. Paris et d’autres grandes villes ne recèlent que quelques restes de ces bobinards: des façades dont l’ornement exotique annonce la vocation, tout comme la plaque du numéro de la rue, bien plus grande que ses voisines. A l’intérieur, de rares fresques et frises érotiques, destiné à garder en éveil l’appétit du client, ont survécu.

    Miss-Betty 36 rue Saint-Sulpice

    Miss-Betty, 36 rue Saint-Sulpice

    Rue Saint Sulpice, dans le VI ème arrondissement, il existait deux maisons qui attiraient une clientèle cléricale. Alphonse Boudard les a réunies en une seule dans son roman Madame de Saint Sulpice. Les pensionnaires de Miss Betty monnayaient leurs services au 36 rue Saint Sulpice. Sa façade, ornée de colonnes romaines et d’un grand numéro en faillance, n’a rien perdu de son attrait. Chez Christiane, au numéro 26, maison destinée aux disciplines de Sade et de Sacher-Masoch, on équipait autrefois les chambres de fouets et d’instruments de tortures, et les filles étaient gainées de cuir noir.
    Hitler ayant fermé les bordels du Reich, l’occupant trouvait en Paris un havre de sensualité. A Paris, les maisons respectaient l’ordre social: la plus huppée de toutes, le Chabanais, fondé en 1878, était située dans la rue du même nom, près de la Bibliothèque nationale. Réservée au gotha international, elle faisait partie des rendez-vous du Paris by night qu’organisait le service protocole de l’Elysée pour les chefs d’Etat en visite officielle.
    Le protocole préservait tout de même les apparences et la discrétion sur les visites de ces établissements par les grands de ce monde, en utilisant un nom de code dans les agendas officiels des ambassadeurs et hommes politiques : il était inscrit officiellement « Visite au président du Senat ».
    Aujourd’hui encore, on peut admirer l’élégante balustrade en fer forgée, et les deux ascenseurs, l’un assurant la monté et l’autre la descente de la clientèle, ceci afin d’éviter toute rencontre embarrassante entre les usagés du lieu.
    Réservé à une clientèle également aisée, le One Two Two, au 122 rue de la Provence, dans le IX ème arrondissement, n’a gardé que sa façade. Le décor était du plus pur style année 30. C’est ici que Goering lui-même avait une chambre durant la période d’occupation.
    Le « One Two Two » n’était pas seulement un lieu des plaisirs de la chair, on y allait également pour son restaurant réputé, le « Boeuf a la Ficelle ». On y voyait d’ailleurs défiler la Jet-set de l’époque: Michel Simon, Cary Grant, Charles Trenet, Marlène Dietrich et tous les personnages de la haute société.
    En passant devant ces maisons, même si l’on ne peut plus y entrer, on s’imagine le temps ou l’on y montait. Nostalgie pour les uns, horreur pour les autres, …

    Références

    http://www.romanphotosurseine.fr/blog/paris-a-fleur-de-peau/ : Paris à fleur de peau …

    Oeuvre littéraire :
    Le Roman des Maisons Closes, Nicolas Charbonneau, Editions du Rocher : Amazon.fr

    Petite histoire des lieux de débauche, Edith Huygue : Amazon.fr

    Les Années Folles des maisons closes, Christian Marmonnier: Amazon.fr

    Documentaire / Télévision :
    Série TV Canal+, « Maison Close » : maisonclose.canalplus.fr
    Réalisé par la chaine Canal+, et diffusé fin 2010, la série « Maison Close » (8 x 52 minutes) reconstitue l’atmosphère des Bordels, de la prostitution à la fin du XIXème siècle.

    France 3, et la série sur Marthe Richard, incarnée par Clémentine Célarié, 2010.

    Europe 1, Au coeur de l’histoire, Franck Ferrand : Quelques lieux de plaisir, émision du 10/03/2011

    Chansons:
    « De jolies putes vraiment », Barbara, 1970 : Ecouter sur Deezer , Paroles

    Rouvrez Les Maisons, Jean Yanne : YouTube.com

    

    2 commentaires sur “Les maisons closes”

    1. […] d’infos : myparisnet.com (maisons closes à Paris), europe1.fr (vidéo – vestiges des maisons […]

    2. MARTIN dit :

      Mein fà¼hrer

      Pourquoi afez-fous verboten das bordelen das Reich ?

      Ach,fous n’aimiez pas les petites femmes du grossParis

      Sieg heil

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