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Les réservoirs de Paris

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  • Imaginez des cathédrales souterraines, un lac bleuté, immense et pur; un trésor caché, le réservoir de Montsouris.
    Au sol de cette immense lieu souterrain, s’étend une gigantesque nappe d’eau turquoise sur le fond blanc crémeux de la pierre calcaire. L’endroit est féerique, l’ambiance est celle d’une cathédrale. Une forêt de 1800 piliers ocres s’étendent et s’accouplent pour former des arches par centaines.

    Réservoir de Montsouris
    Réservoir de Montsouris


    Reservoir de Montsouris, rue de Reille

    Réservoir de Montsouris, rue de Reille

    Une galerie contourne ce décors fantasmagorique dont on ne peut voir la fin. Le silence n’est troublé que par les notes cristallines de l’eau. A l’étage inférieur, une autre cathédrale de trois hectares accueille un entrelac d’énormes tuyaux et de milliers de stalactites. A l’entrée de ce réservoir, situé dans le XIV ème arrondissement, et protégé de toute visite, fidèles gardiennes du temple, quelques truites veillent sur la qualité des eaux, captives d’un aquarium creusé dans la roche, survivante symbolique du temps ou la chimie balbutiante ne disposait pas encore d’outils de contrôle. Long de 265 mètres et large de 136 mètres, le réservoir de Montsouris avoisine les trois hectares. Sa capacité est de 202 000 m3, soit 1/3 de la consommation quotidienne de la capitale. Il fut construit en 1874 par Eugène Belgrand, ingénieur du baron Haussmann, il était alors le plus grand réservoir du monde. Il approvisionne encore un parisien sur cinq en eau de source. A 150 km de Paris, le Vanne, le Loing et le Lumain unissent leurs eaux qui mettent jusqu’à deux jours à parcourir la légère pente (quelques cm par km), traversent divers aqueducs dont celui d’Arcueil, construit par les romains et réhabilité à la fin du XIX ème siècle pour l’occasion.

    Aqueduc d [4]
    Aqueduc d’Arcueil – De nuit
    L’édifice, classé aux Monuments historiques est constitué de trois ouvrages dont le premier date de l’époque Romaine. En effet, l’aqueduc actuel repose sur les fondations d’un édifice romain qui amenait les eaux du plateau de Rungis jusqu’aux termes de Lutece. Le pont fut reconstruit en 1628, sous Marie de Medicis.
    Enfin, l’architecte Eugène Belgrand l’utilise en le rehaussant vers 1870 , afin d’aller chercher l’eau a 150 km, prés de Sens et alimenter le réservoir de Montsouris. IL est toujours en service aujourd’hui et achemine chaque jour 145 000 m2 d’eau. Il approvisionne prés du tiers de Parisiens.
    Depuis début 2009, l’aqueduc reçoit une illumination par un éclairage a led, peu consommateur en énergie (une consommation de seulement 12 Kw pour l’ensemble de l’éclairage)

    Au dessus du réservoir, un petit pavillon de briques accueille les sources des deux petits bassins, clos de balustrades. Au fond, de grosses bouches gourmandes déversent les mètres cubes d’eau recueillis, qui s’engouffrent dans le ventre affamé de la cathédrale souterraine. Aux alentours, cinq hectares de terres herbues protègent l’eau de la pollution et la maintient à température constante: 13 ° C. Le réservoir de Montsouris abreuve une partie des quartiers du sud et du centre de Paris, et la totalité du 1er, II ème, III ème, IV ème et VII ème arrondissement. Peu chlorée, elle a la réputation d’avoir meilleur goût que les eaux de source de l’Avre à l’Ouest, ou de la Dhuys à l’Est ou celle traitée de la Seine et de la Marne.

    Il est une autre onde qui dort dans le sous-sol Parisien. A 700 mètres sous terre sommeille depuis 40 000 ans la nappe de l’Albien. 700 milliards de mètres cubes d’eau aussi pure que la meilleure des eaux minérales, riche en sel minéraux et en fer, excellente dit-on contre les rhumatismes. Un vrai trésor de guerre en cas d’accident grave de pollution, mais en attendant accessible à la Fontaine Lamartine dans le XVI ème arrondissement.

    Voir aussi :

    Sources Parisiennes [5]
    eaudeparis.fr [6]

    Les eaux de la Seine :

    Le Brochet, la Carpe, la Truite avaient disparue. On a vu ces espèces réapparaître dans le fleuve depuis quelques années. Néanmoins, on ne peut toujours pas les manger.
    On ne peut toujours pas se baigner dans la Seine : la baignade est interdite par un arrêté préfectoral depuis 1923. Les contrevenant s’exposent a une amende de 38 euros par plongeon. Les raisons: la trafic fluvial est dangereux, et la qualité des eaux est encore insuffisante pour être classée « eau de baignade ».
    Cela dit, la qualité de l’eau c’est grandement améliorée depuis 20 ans.
    D’après les analyses de l’Agence de l’Eau Seine Normandie, la qualité des eaux de la Seine dans Paris est proche du « bon état » défini par les directives européennes.
    Même si les industries rejettent désormais moins de choses dans le fleuve, la pollution chimique, notamment en pyralène, rend le poisson impropre a la consommation. Des dizaines d’années de rejets massifs ont contamine les sédiments en profondeur. Il faudra donc encore de longues années afin d’évacuer toute pollution profondément ancrée.

    Il faut bien avouer que les eaux du de la Capitale étaient beaucoup plus polluées au XIX eme siècle. C’est le baron Haussmann et l’ingénieur Belgrand qui firent construire le réseau d’égouts afin d’éviter les épidémies de choléra.
    Les égouts de Paris finissaient alors leur course au niveau de Clichy, d’où la couleur noire et les odeurs pestilentielles qui se concentraient entre Clichy et l’Île des impressionnistes .